L'assistance

Sauver des vies, préserver l’avenir

Partout où des conflits éclatent, le CICR agit pour protéger la vie et les moyens d’existence des personnes. Nous subvenons à leurs besoins matériels immédiats et veillons à ce que certaines conséquences fréquentes des conflits – maladies, blessures, famine, perte de revenus et exposition aux éléments – ne compromettent pas leur survie ou leur avenir.

Apporter une aide diversifiée

Notre assistance revêt diverses formes, selon la région et la nature de la crise. Il peut s’agir d’une aide matérielle (vivres, espèces, semences, outils ou médicaments), de la réparation des systèmes d’approvisionnement et de traitement de l’eau, ou de la construction de structures médicales. Nous organisons aussi des formations pour le personnel chargé des soins de santé primaires, les chirurgiens, les anesthésistes, le personnel infirmier et les orthoprothésistes. Dans le cadre de nos activités, nous cherchons toujours à renforcer la capacité des institutions locales à assurer des services essentiels, comme l’approvisionnement en eau, l’assainissement et les soins de santé.

Favoriser l’autonomie

Si l’aide d’urgence permet de sauver des vies et d’atténuer les effets les plus immédiats d’un conflit, l’objectif ultime est toujours de rétablir la capacité des populations à pourvoir à leurs propres besoins. Dans certains cas, l’assistance prend la forme d’allocations en espèces pour permettre aux familles de choisir elles-mêmes la manière de subvenir à leurs besoins ; cette aide profite aussi indirectement aux marchés et aux producteurs locaux. Dans d’autres cas, nous aidons les personnes à créer une petite entreprise ou à produire leur propre nourriture.

Une petite fille transporte de l’eau dans un camp de réfugiés au Soudan du Sud.

Sécurité économique

Lorsque survient un conflit armé ou une autre situation de violence, le CICR aide la population à couvrir ses besoins essentiels en distribuant notamment des vivres, des ustensiles de cuisine, des abris, des vêtements et des articles d’hygiène. Dans le cadre de ces activités, nous tenons compte de l’ensemble des besoins économiques de base des ménages.

Les besoins à plus long terme

Au-delà de l’aide immédiate, nous réfléchissons aussi à la manière dont les familles et des communautés entières peuvent retrouver leur autonomie et leur sécurité économique. Notre objectif est de faire en sorte que les populations puissent subvenir à leurs propres besoins sur le long terme.

Comme les personnes privées de liberté en relation avec un conflit relèvent aussi de notre mandat, nous nous efforçons également de répondre à leurs besoins nutritionnels et sanitaires, lorsque cela est nécessaire.

Les activités du CICR en matière de sécurité économique comprennent la distribution de vivres, la vaccination du bétail, la réparation des systèmes d’irrigation, la distribution de semences et d’outils pour aider la population à reprendre une activité agricole, la mise en œuvre de programmes « argent contre travail » et l’octroi de subventions en espèces pour le démarrage de petites entreprises (comme un salon de coiffure ou un atelier de réparation de voitures ou de bicyclettes).

La famille de Maung Htun vit depuis 2011 dans un camp pour personnes déplacées avec 25 autres familles. Ils ont fui les combats qui faisaient rage près de leur village au Myanmar. « Nous n’avions pas de riz, pas d’huile de cuisine, pas de sel. Nous en étions réduits à manger ce que les gens pouvaient nous donner. »

Aujourd’hui, leur situation s’améliore peu à peu, en partie grâce à l’activité de polissage de l’ambre que les familles ont mise sur pied pour essayer de gagner un peu d’argent. Elles travaillent des pierres d’ambre brut provenant du nord du Myanmar pour en faire des pierres semi-précieuses. Le CICR et la Croix-Rouge du Myanmar soutiennent ce projet et prévoient de fournir des meuleuses et des équipements de sécurité supplémentaires pour permettre à d’autres résidents du camp de devenir autonomes et de nourrir leur famille à long terme.

  • Cet ancien détenu, qui vit dans la province de Pattani, en Thaïlande, a reçu du matériel de pêche et une petite embarcation pour pouvoir refaire sa vie grâce à la pêche.

  • En Casamance (Sénégal), comme dans de nombreuses autres régions, le CICR a soutenu des projets et fourni semences et outils afin d’aider les habitants à mettre sur pied de petites entreprises d’agriculture et d’élevage de bétail.

  • L’accès à l’eau est vital, surtout en temps de crise. Dans la province de Samar (Philippines), le CICR a fourni de l’eau potable à la population après le passage du typhon Haiyan et la destruction du réseau hydrique local.

  • La guerre a de plus en plus souvent pour théâtre des zones urbaines. Nos ingénieurs eau et habitat se retrouvent ainsi à devoir réparer et entretenir des systèmes complexes d’approvisionnement en eau et en électricité et de traitement des eaux usées dans des villes, comme ici à Bagdad (Irak).

Eau et habitat

Une démarche de santé publique

Dans les situations de conflit, nos programmes eau et habitat sont entièrement axés sur la santé publique. Pour garantir un cadre de vie sain, nous nous efforçons d’assurer le bon fonctionnement des services publics essentiels (eau potable, logement, assainissement adéquat, etc.).

L’impact des conflits armés peut être direct ou indirect et leurs conséquences brèves ou durables. Les zones urbaines sont particulièrement vulnérables, la densité de population étant élevée et les systèmes d’eau, d’assainissement et d’électricité complexes.

Services insuffisants, santé compromise

Lorsque ces systèmes ne fonctionnent pas correctement, la santé des populations qui en dépendent en pâtit et les conditions de vie se détériorent. Il peut arriver que ces services se retrouvent submergés par un afflux de personnes déplacées, ou que des combats bloquent l’accès aux infrastructures, empêchant tout entretien.

Des services interconnectés

Les activités du CICR dépendent en grande partie les unes des autres. Pour fournir de l’eau à la population, il faut de l’électricité et un système de traitement des eaux usées, et pour dispenser des soins aux malades et aux blessés, il faut de l’eau, de l’électricité et un système de gestion des déchets dans les hôpitaux. Notre engagement ne prend pas fin avec le conflit ; nous assurons ces services jusqu’à ce que le gouvernement soit en mesure de prendre le relais.

Soins de santé

Les besoins en soins de santé sont rarement aussi criants qu’en temps de guerre. Alors que combattants comme civils souffrent et meurent, des communautés entières peuvent être contraintes de fuir pour se mettre en sécurité. En pareil cas, les services et infrastructures nécessaires à la fourniture de soins de santé peuvent se trouver perturbés, endommagés ou détruits.

Ces situations sont extrêmement délicates – et périlleuses – pour toute personne ayant besoin de soins ou s’efforçant d’en dispenser. Les établissements qui parviennent à rester opérationnels sont souvent submergés par l’afflux de personnes blessées, atteintes de maladies infectieuses ou souffrant de malnutrition. Par ailleurs, la violence à grande échelle peut souvent rendre très difficile, dangereux ou tout simplement impossible l’accès aux soins de santé.

Une approche globale

Ces obstacles font qu’un grand nombre de besoins courants et essentiels (vaccination, soins maternels, traitement des maladies chroniques, etc.) sont négligés. Les installations d’assainissement, les sources d’eau potable et les ressources alimentaires sont souvent touchées elles aussi, ce qui expose encore davantage les communautés aux maladies infectieuses et à la malnutrition.

Pour faire face à ces besoins complexes et interdépendants, nous adoptons une approche globale, en plaçant la personne au centre de notre action et en cherchant à assurer la continuité des soins, depuis l’instant où une personne est blessée ou tombe malade jusqu’à sa guérison et sa réadaptation physique, en passant par sa prise en charge dans un poste de santé ou un hôpital. À chaque étape, nous collaborons étroitement avec les communautés locales et les organismes de santé pour évaluer les besoins et y répondre.

Lors d’un conflit armé, le CICR soutient les hôpitaux locaux en envoyant sur place des chirurgiens, du matériel et des fournitures médicales. Des chirurgiens opèrent un jeune homme gravement brûlé à l’hôpital Mirwais de Kandahar (Afghanistan).

La guerre complique l’accès aux soins, au moment même où la population en a le plus grand besoin. Une médecin du CICR examine un enfant dans un hôpital au Soudan du Sud.

Un large éventail de services de santé

Les premiers secours

Les premiers soins sont donnés par les personnes les plus proches des victimes. C’est dans cette optique que le CICR forme des membres des communautés, des volontaires de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, des agents de santé locaux et d’autres personnes aux premiers secours, afin qu’ils puissent stabiliser les patients en attendant leur prise en charge par du personnel plus spécialisé.

Les soins de santé primaires

Nous adaptons notre appui aux besoins locaux, et nos activités comprennent généralement à la fois des mesures de prévention (promotion de bonnes pratiques de santé, par exemple) et des soins. Nos priorités sont la vaccination, la santé reproductive et les soins cliniques et psychosociaux pour les victimes de violences sexuelles.

Les soins hospitaliers et ambulatoires

Comme les conflits touchent tous les aspects de la santé communautaire, nous abordons les soins hospitaliers de manière globale, en couvrant des domaines tels que la gestion des hôpitaux, la chirurgie, la médecine interne, la pédiatrie, l’obstétrique et la gynécologie, ainsi que les soins ambulatoires pour les personnes souffrant de maladies infectieuses.

La santé mentale et le soutien psychosocial

Le CICR se préoccupe aussi du bien-être mental des personnes traumatisées par la violence. Le soutien psychologique et psychosocial aux victimes fait partie des activités d’assistance que nous déployons pour aider les communautés à surmonter les traumatismes laissés par la guerre et les autres situations de violence.

La santé en détention

Pour faire en sorte que les personnes détenues puissent bénéficier de soins de santé de base, nous prenons en compte leurs besoins individuels, tout en œuvrant à l’amélioration des systèmes d’eau et d’assainissement, des programmes de nutrition, des services de santé et des conditions d’hygiène dans les prisons. Nous répondons aussi à leurs besoins en matière de santé mentale, en particulier lorsqu’elles ont subi des actes de torture ou d’autres formes de mauvais traitements ou lorsqu’elles souffrent de problèmes psychiatriques.

Contamination par des engins explosifs

Les mines et les munitions non explosées peuvent accroître considérablement les dangers qu’encourent les personnes vivant dans des zones de guerre, mais aussi celles qui leur portent secours. Nos experts en munitions s’attachent donc, dans le cadre des opérations du CICR, à garantir la sécurité de notre personnel et des autres personnes exposées. Leurs constatations servent en outre à alimenter nos rapports sur la conduite des hostilités.

Nous menons un large éventail d’activités, qui comprennent la sensibilisation aux risques, le déminage, l’enlèvement des munitions non explosées et les soins aux victimes. Ce travail commence pendant le conflit et peut se poursuivre longtemps après la fin des hostilités.

Réadaptation physique et réinsertion

Notre programme de réadaptation physique fournit des services de physiothérapie et des appareils d’aide à la mobilité (prothèses, orthèses, aides à la marche et fauteuils roulants). Nous aidons les organisations locales à développer leur propre capacité à fournir des services de ce type. Ces activités permettent de réduire les obstacles que rencontrent les personnes handicapées sur le chemin de la réinsertion sociale.

Médecine légale et action humanitaire

Les corps des personnes qui décèdent dans le contexte d’une guerre, d’une catastrophe naturelle ou d’une migration doivent être traités avec respect. Ils doivent être localisés, récupérés, enregistrés et identifiés. Ces tâches font désormais partie de l’action humanitaire, et notre unité de médecine légale utilise à cette fin les outils et les méthodes les plus modernes. Nos spécialistes aident les organismes locaux à gérer les dépouilles des victimes pendant et juste après les conflits, mais aussi lorsqu’il faut, par la suite, récupérer et identifier des restes humains, parfois longtemps après la fin des combats.

  • Ces enfants se tiennent à une distance respectueuse d’un amas de bombes non explosées près d’un terrain de football à Basra (Irak). Le CICR s’efforce de prévenir les accidents causés par les mines et les munitions non explosées telles que celles-ci.

  • Au Pérou, grâce aux efforts conjoints du Service national de médecine légale et du CICR, des familles ont finalement pu savoir ce qu’il était advenu de proches portés disparus depuis l’époque des combats.

  • Nous avons créé en 1983 le Fonds spécial en faveur des handicapés afin d’assurer la continuité des projets financés par le CICR. Le Fonds soutient aussi des centres de réadaptation physique dans les pays à faible revenu. Au Centre d’appareillage orthopédique et de prise en charge de la poliomyélite de Gaza, une technicienne orthoprothésiste apprend à un petit garçon à marcher avec ses nouvelles attelles.

  • Ces enfants montrent les portraits de trois garçons morts dans une explosion qui s’est produite au Laos, en 2014. Bien après la fin d’un conflit, les armes non explosées qui sont restées sur place continuent de tuer.

  • Les mines et autres munitions non explosées tuent, mais elles infligent également des blessures irréversibles qui bouleversent la vie de ceux qui en sont victimes. Ici, un homme ayant perdu ses jambes dans deux accidents dus à des mines remet ses prothèses en place après avoir passé la journée à chercher de l’or dans une rivière du nord du Nicaragua.

  • Ici, au centre de réadaptation physique du CICR à Kaboul, en Afghanistan, un père corrige la posture de sa fille qui apprend à marcher avec un appareil orthopédique. Le CICR s’attache à aider les personnes handicapées par suite d’un conflit armé à mener une vie épanouie, digne et autonome.

  • Un expert en déminage inspecte une bombe non explosée près d’un poste de contrôle militaire en Irak. Le CICR collabore avec les autorités locales ainsi qu’avec des experts pour repérer les munitions non explosées et les détruire.

  • Les mines et autres munitions non explosées peuvent constituer une grave menace pour la sécurité alimentaire et le relèvement économique. Le CICR a aidé à déminer ce champ à Gaza, qui peut désormais être à nouveau cultivé sans risque.

  • Le CICR sauve des vies en expliquant aux populations ce qu’elles peuvent faire pour réduire les risques associés aux mines antipersonnel et autres munitions non explosées. Ici, un délégué du CICR s’adresse aux habitants d’un village situé non loin de la ligne de front, dans l’est de l’Ukraine.

  • Le relèvement, ce n’est pas seulement pouvoir travailler, c’est aussi mener une vie active et épanouie. Dans les centres de réadaptation physique du CICR à Battambang, au Cambodge, le programme de basket-ball en fauteuil roulant est l’un des moyens par lesquels les personnes handicapées peuvent réintégrer la pratique du sport dans leur vie.

  • C’est grâce à son courage et à sa force, ainsi qu’au soutien du CICR et d’organisations locales, que Holmes Fabian Ordonez a pu reconstruire sa vie.

Comment j’ai découvert le CICR

Holmes à nouveau sur pied

En octobre 2010, Holmes Fabian Ordonez se rendait à un cours de gestion de l’environnement non loin de son domicile, dans le département de Caqueta, dans le sud de la Colombie, lorsqu’il a marché sur une mine et perdu un pied. L’accident aurait pu anéantir tous ses projets, mais Holmes a pu poursuivre ses études à l’université grâce à sa persévérance et à l’appui fourni par le CICR, la Croix-Rouge colombienne et d’autres organisations locales.

Même lorsqu’un conflit se termine ou se déplace d’une région à une autre, des engins explosifs – mines, bombes non explosées, obus et munitions à dispersion – continuent de tuer et de mutiler. Les survivants perdent parfois leurs moyens d’existence et leur capacité d’effectuer des tâches simples. Dans bien des cas, ils perdent aussi l’espoir. Et comme les guerres se déroulent de plus en plus dans des villes densément peuplées, la contamination par des engins explosifs est une préoccupation croissante.

« L’explosion elle-même blesse et mutile, mais il y a d’autres conséquences que l’on connaît moins : les blessures psychologiques », explique Luis Arturo Rojas, chirurgien à Caqueta, formé par le CICR pour aider les personnes victimes de ce genre d’accident. « Quand une personne perd un membre, il arrive aussi qu’elle perde l’envie de vivre. »

L’action du CICR se fonde sur les compétences acquises par l’organisation dans de nombreux domaines – déminage et enlèvement de munitions, soins de santé, réadaptation physique, soutien psychosocial et droit international humanitaire, entre autres – pour aider des personnes et des communautés entières à faire face aux conséquences de ces engins et à prévenir de nouveaux accidents.

« Le CICR représente tout pour moi, affirme Holmes. Ils ont été les premiers à venir me voir après l’accident. Grâce à leur soutien, j’ai réappris à marcher. Après cette épreuve, je crois que rien n’est impossible dans la vie. »

Comment j’ai découvert le CICR

Ce n’est là qu’un exemple parmi d’autres de la manière dont des personnes, partout dans le monde, en arrivent à découvrir le CICR. Il montre aussi comment des collaborateurs travaillent avec les communautés locales pour trouver de nouvelles manières d’atteindre notre objectif fondamental : soulager les souffrances causées par la guerre. Cette brochure vous permettra de découvrir le CICR à travers des témoignages comme celui de Holmes et de brèves explications sur ce qu’est vraiment le CICR et sur ce que nous faisons – comment, quand, où et pourquoi.

Notre approche intégrée

Prévention

Pour mettre un terme à l’impact dévastateur des mines antipersonnel et des armes à sous-munitions sur les civils, nous appelons les États à ratifier et à incorporer dans leur législation nationale les traités qui interdisent la production, le transfert et l’emploi de ces armes. Nous rappelons aussi aux États qui ont adopté ces traités leur obligation d’enlever les mines et munitions non explosées des zones placées sous leur autorité.

Protection

Pendant les conflits, le CICR entretient un dialogue constant avec les porteurs d’armes afin de veiller à ce qu’ils n’emploient pas des armes interdites par le droit international. Nous leur rappelons aussi qu’ils ont l’obligation d’enlever les engins explosifs une fois le conflit terminé.

Aide directe

Partout dans le monde, le CICR fournit des services de réadaptation physique, des prothèses et des orthèses, des béquilles et des fauteuils roulants aux personnes blessées par des engins explosifs. Nous proposons aussi, en parallèle, nos compétences opérationnelles pour contribuer à l’enlèvement de ces armes dans les zones civiles. Notre expérience nous incite à redoubler d’efforts pour promouvoir le respect des règles – et, si nécessaire, en proposer de nouvelles – interdisant ou limitant le recours à ce type d’armes.